Histoire d'une photo (3/3)
Le 08 juin 2008
Un lundi de pentecôte, je fais une sortie photo en forêt de Ferrière. La forêt est réputée très humide car elle possède de nombreuses mares et les moustiques y sont très nombreux. Dans une clairière j’identifie un chevreuil en lisière de bois. Je me glisse au ras du sol le plus discrètement possible, effectue les réglages de mon pied photo et de l’appareil. Je me cache derrière les herbes et les jeunes pousses d’arbre. Je relève la tête pour me recentrer sur mon sujet : il n’est plus là... La forêt m’enseigne d’être patient. Trop vouloir une photo facile, et être conquérant n’est pas bénéfique. Il faut être
à l’écoute de l’environnement, savoir attendre que le cadeau viennent de la nature, lorsqu’elle la décidé. Je me retrouve donc bredouille et tout bête pensant que la partie sera perdue pour aujourd’hui. Ce coin à la particularité de rester dans une zone éclairée assez tardive par rapport à d’autres. J'en profite pour emboîter mon objectif macro : quelques libellules, deux papillons blancs captent mon attention pendant une demi heure jusqu’à en oublier complètement l'objet de ma venue. Au moment de revenir vers mon sac à dos je discerne au loin du mouvement. J’identifie un héron avec les jumelles et essaie une approche discrète mais il s’envole, dérangé par…un chevreuil. Je fais reculons en faisant le tour de la clairière afin de prendre à revers l’animal. Je suis donc maintenant derrière lui et m’installe calmement, le soleil derrière moi. Tout va bien. Je m’approche discrètement de lui. Juste à côté de moi, il y a une mare d’eau. Une escadrille de moustique m’envahit. Ils forment autour de moi une petite nuée qui m’attaquent de tous les côtés. La situation est très inconfortable. Par expérience, je sais que si je bouge trop l’animal fuira. Les bras nus, je me laisse donc piquer de partout. Les insectes passent sous mon filet de camouflage et se laisse coincer dans les oreilles et entre les mailles du filet et la peau. L’animal lui, ne m’a pas identifié. L’animal mange des feuilles, fais sa toilette. Je le suis dans le viseur de l’appareil et prend une bonne série de photos, et de piqûres… Tel est le prix à payer pour cette image...
Les créations lumière de Yoa
Le 24 avril 2008
Yoa est un photographe que j'admire beaucoup car c'est un artiste très proche de la nature qui crée des univers visuels magnifiques. Il utilise une technique unique qu'il a lui même inventé pour réaliser des oeuvres hautes en couleurs qui se distinguent de la photo de nature traditionnelle. En effet celle-ci n'est pas seulement figurative, elle nous invite à élargir notre champ de conscience en nous proposant un voyage intérieur, voyage au pays des formes, des couleurs, et de la géométrie. 
Yoa nous offre une autre vision de la nature, avec sa sensibilité et un respect immense dont il témoigne envers toute forme de vie animale, végétale et minérale. Son oeuvre nous reconnecte avec la subtilité de nos ressentis en milieu naturel. L'artiste sollicite notre intuition en créant ses créations lumières aux formes magiques et paisibles. Les images ressemblent aussi à des peintures abstraites aux tons parfois très doux. Le recour à la photographie dans ces univers visuels nous montre ainsi que que les deux se marient harmonieusement et intéragissent entre eux. L'oeuvre photographique devient témoignage, invitation au mystère et à renouer le lien avec le monde sacré et invisible du royaume naturel...

www.creation-lumiere.com

Le 14 avril 2008
Bienvenue sur Terre...
Si vous n'avez pas vu le film lors de sa sortie, je vous recommende chaudement de voir ce film absolument remarquable sortie le 10 avril dernier en DVD et Bluray. Les images, filmées en haute définition, sont d'une beauté saisissante. Cinq années ont été necessaires pour réaliser cette prouesse technique. La terre nous apparaît comme une autre planète.  La qualité des prises de vue est à couper le souffle. J'ai particulièrement aimé la bande sonore soignée en 5.1 qui vous immerge littéralement dans les environnement sonore. La voix française de Angun est très tranquilisante. Enfin le film se termine sur un message d'urgence sur les danger que coure les espèces en voix de disparition, comme le montre l'affiche du film avec l'ours polaire menacé par la fonte de la banquise...
Vive le printemps !
Le 09 mai 2007
La nature est magnifique. En fin de journée, les mille senteurs de fleurs et la douce chaleur du soir viennent caresser nos sens. Les oiseaux chantent discrètement dans ce concert qui annoncent dans quelques heures la tombée de la nuit. La nature entière se fait humble. Le soleil pénètre ce sous bois à travers les branches aux jeunes et fraîches feuilles. L’odeur de l’humus et de la mousse témoignent de la force nourricière de cette forêt. Les herbes se balancent tendrement et se frottent les unes aux autres. Les mouches et autres insectes se délectent dans un dernier bain de soleil. Vive le printemps, et cette sève de vie qui monte et enivre de vitalité cette nature en réveil. J’aime me promener dans ce sanctuaire. L’autre soir je photographie un chevreuil sur un chemin inondé de lumière. L’animal s’approche de moi pour m’identifier. Je suis à 15 m de lui. Je termine ma promenade en traversant une zone de sapins et de jeunes arbres. Je rejoins ma voiture après avoir regardé le ciel. Le disque solaire se recouvre de traînées nuageuses. De gros cumulus suivent et voile le ciel bleu. Un détour par un pré où j’aperçois de loin un chevreuil et son petit. Trop loin et plus assez de lumière. La voiture progresse sur la route bordée de champs aux blés verts. Devant moi je vois mon village avec de grosses traînées grises qui tombent depuis les nuages. Bientôt quelques gouttes sur le par-brise puis des cordes. Il y a une heure encore j’étais l’invité d’un rare moment d’intimité de la nature. La photo est dans la boite. A moi d’en rendre témoignage. Les gouttes d’eau qui ruissellent et l’odeur de la pluie m’apaisent, lorsqu’à l’intérieur de la maison, en chaussettes je me déroule le film de ces instants magiques.
Un label « bio » pour la photo ?
Le 14 mars 2007
La révolution de l'image bat aujourd'hui son plein. Le numérique supplante la photo argentique ( Nikon et Canon ne fabriquent plus d'appareils photo argentiques), la HD sonne le glas du DVD, les écrans plats enterrent nos tubes cathodiques, la troisième génération de téléphones portables remplace progressivement nos « vieux » 65000 couleurs. Le public veut encore et toujours plus consommer de l'image et qui plus est de l'image la plus belle possible. Dans le domaine de la photographie, Photoshop se démocratise avec sa version grand public et de plus en plus de néophytes jouent avec les pixels de leur photos. Il y a les réglages élémentaires et fort utiles comme le contraste, la
luminosité, les courbes, mais aussi ceux qui, souvent utilisés à notre insu, permettent de remodeler l'esthétique du sujet photographié. On gomme une cicatrice par ci, un fil électrique par là etc. Car il faut le reconnaître nous sommes soumis au dictat de ceux que nous imitons, à ces photos de publicités avec ses corps plastiques parfaits, à ses univers visuels incroyables qui nous fascinent et aussi, nous frustrent dans notre réalité. Dans la sphère de l'image, nous glissons de plus en plus vers un monde virtuel à force de travestir le réel et de le réinventer. En fait, nous développons la "PPM" (la Photographie Pixellement Modifiée - terme que j'ai inventé) qui n'est pas dangereuse pour la santé mais qui peut éroder le discernement et la crédibilité que nous portons sur les images. L'adopter ou non, c'est un peu comme le choix que nous avons entre un aliment économique, ayant subi des traitements et un autre avec une mention « sans OGM » et « sans colorants ». Peut-être qu'un jour viendra où, à l'instar d'une croissance constante (insoupçonnée il y a vingt ans) d'une agriculture biologique, les créateurs et consommateurs d'images que nous sommes, reviendront vers des photographies dépouillées d'artifices, dans lesquelles ils reconnaîtront finalement plus l'univers réel et proche de celui dans lequel ils vivent.
Comment !!??... Pourquoi !???
Le 14 mars 2007
Peta est une association qui agit au niveau mondial pour faire respecter et appliquer le droit des animaux. Elle diffuse sur son site internet des vidéos "chocs" destinées à sensibiliser le public. Le film que je vous invite à regarder montre le traitement des animaux pour la fabrication de fourrures. Personnellement je suis resté sans mots et impuissant en le voyant... Je me demande ce qu'il reste d'humanité dans ceux qui agissent ainsi envers les animaux. Où est le respect, la conscience de la vie?? Je tiens à vous prévenir que les images sont insoutenables et insupportables à voir. Mais je pense qu'elles montrent une réalité qu'on ne peut pas ignorer. Nos prises de positions et nos actes peuvent influencer le cours des choses. La pétition est donc là pour ça. Si comme moi vous êtes indigné, n'hésitez pas à faire circuler ces liens. Merci d'avance...
Film Pétition pour le boycott des fourrures
Le 20 février 2007
Histoire d'une photo (2/3)
La délicate beauté d'un instant éphémère... Cette image à été prise dans une propriété privée au coeur de la selva péruvienne, dans laquelle j'ai séjourné plusieurs jours. A de rares occasions je vois voltiger ce magnifique papillon sans arriver à le photographier. Avec sa voilure orange je pense à ces fleurs de la même couleur qui agrémentent quelques massifs et qui constituraient pour moi le parfait arrière plan. Le jour de mon départ j'ai la chance de voir un spécimen sur des fleurs roses. Je prends quelques clichés satisfaisants mais regrette un peu la photo que j'avais en tête. Plus tard dans la journée, je vois un papillon butiner les fleurs oranges. J'immortalise cet insecte féérique, moins de 15 minutes avant de quitter les lieux. Mon voeu a été exaucé : Deo gracias ...
Histoire d'une photo (1/3)
Le 19 février 2007
En juin 2005 je fais l'acquisition d'un téléobjectif Nikon 300 mm d'occasion. Depuis le temps que j'en rêvais... Je profite d'un week-end dans la drôme pour faire un détour à Marseille où je récupère ce joli caillou (objectif pour les non connaisseurs) Avec lui, viens ma première sortie photo en forêt d'Armainvilliers (77) et ma première photo avec... En me promenant dans une allée je repère ce chevreuil à 200 m de moi. Il mange des feuilles. Je l'approche sans bruit en prenant des photos tous les 5 mètres. Il me regarde l'un coin de l'oeil, paisible. Moi je suis sur-excité de joie. Je sens sa présence,
 ressens son esprit.C'est comme une communion entre l'animal et moi. Il ne fuit pas. Je continue de l'approcher, doucement. Je suis maintenant à 30 m de lui debout. Il me regarde avec son oeil tranquille. Instant magique et éternel. Le temps s'arrête. On entend une dizaine de déclenchements de l'obturateur et l'animal, par des sauts gracieux, me quitte... Cette photo est pour moi un clin d'oeil de la forêt qui se donne à moi et m'accepte en tant que photographe...